Jordan Bardella organisait mercredi 4 novembre, avec le concours de la maison d'édition Fayard, une soirée pour présenter son nouveau livre, "Gouverner". De nombreux invités avaient été conviés dans une salle de réception de la région parisienne pour découvrir l'ouvrage, sorti hier en librairies. Des journalistes étaient également présents pour couvrir l'évènement : mais selon l’AFP, un journaliste indépendant, un journaliste de "Politis" et un autre de "Médiapart" ont été rapidement priés de quitter les lieux, bien que ce dernier soit venu avec une invitation nominative. "C'est une soirée privée, ils ont été signifiés qu'ils n'étaient pas accrédités", a justifié le directeur du service de presse du Rassemblement National, Victor Chabert, à l'AFP. Selon nos confrères, la quasi-totalité des journalistes présents ont décidé de quitter l'évènement pour protester contre cette situation, à l'exception des médias faisant partie du groupe Bolloré.
Nombreux ont été les journalistes a réagir aux évictions de leurs confrères, à commencer par la présidente de "Mediapart", Carine Fouteau : "En excluant ou violentant les journalistes, l'extrême droite révèle son vrai visage", a déclaré cette dernière auprès de l’AFP. "'Mediapart' & 'Streetpress' refusés à la soirée de lancement du livre de Bardella à Paris ce soir, un événement politique compté dans les comptes de campagne et à ce titre remboursé. La majorité des journalistes accrédités quitte l’événement en protestation contre ce triste [traitement] de la presse", a de son côté tweeté le journaliste de "Libération" Nicolas Massol, spécialisé dans le suivi de l'actualité du Rassemblement national. Un message qui n'a pas échappé à Jordan Bardella, qui l'a repartagé en l'accompagnant d'une photo devenue un mème : le fameux "Vu et s'en tape" accompagné d'une signature, singeant un document officiel.
Ces évictions interviennent dans un contexte tendu entre le Rassemblement national et la presse, plusieurs semaines après la divulgation par "Mediapart" d'anciens messages à caractère antisémite attribués à Jordan Bardella. Fin octobre, plusieurs journalistes du pure-player, présents lors du congres du RN à Orléans, en avaient été expulsés manu militari.