Lancé en 2007, le magazine "Causeur" va-t-il disparaître ? Pas impossible, selon Élisabeth Lévy, sa fondatrice, qui a dévoilé la situation économique difficile dans laquelle se trouve son titre le 9 septembre, via le site de la publication.
"Je ne tournerai pas autour du pot. Depuis le début de l’aventure "Causeur" en 2007, nous n’avons jamais été aussi près de mettre la clef sous la porte. Ceci est un SOS", débute celle qui a longtemps été une chroniqueuse régulière de CNews. Affaibli depuis 2022, le magazine n'arrive pas à enrayer une "chute notable des ventes" et n'arrive plus à faire face à la "hausse des coûts, (à l'exception des salaires)". "Mais à la différence de la plupart de nos confrères et concurrents [qui subissent la même situation économique, ndlr], nous ne disposons pas d’un matelas de ressources publicitaires pour amortir le choc, ni d’une trésorerie permettant de faire face aux imprévus."
Si Élisabeth Lévy assure "travailler d'arrache-pied" avec ses équipes pour trouver des solutions, la journaliste fait face à un trou dans sa trésorerie de 120.000 euros, qui deviennent nécessaire à la survie du média. Une somme qu'elle doit récolter d'ici le 25 septembre. "Nous cherchons donc 120 super-donateurs qui, moyennant 1.000 euros (soit 340 une fois la déduction fiscale appliquée) auront, en plus de la satisfaction d’avoir sauvé un espace de liberté, celle d’être des sociétaires permanents de la société des amis de 'Causeur' qui sera en quelque sorte le salon de la patronne", détaille Élisabeth Lévy. Ces donateurs pourront dans un second temps rencontrer l'équipe de "Causeur" et échanger régulièrement avec eux.
"Vous êtes nombreux à nous dire que grâce à 'Causeur', vous vous sentez moins seul, poursuit l'ancienne chroniqueuse de "L'heure des pros". Nous sommes certes un journal de droite, d’une droite malicieuse, décalée, libertaire, un peu punk sur les bords, mais nous sommes d’abord des défenseurs de l’esprit des Lumières, de l’engueulade civilisée. Quand l’entre-soi idéologique devient une vertu, nous voulons renouer avec l’esprit de salon qui a fait la grandeur de la France". Et de conclure, en citant le philosophe allemand Peter Sloterdijk : " 'Écrire, c’est adresser une lettre à des amis inconnus'. Vous êtes ces amis. Nous avons besoin de vous. Et nous voulons croire que vous avez besoin de nous."