Pascal Praud poursuit sa cabale contre le service public. Alors que se joue à l'Assemblée nationale depuis plusieurs semaines le sort de France Télévisions et de Radio France, le roi de l'audimat sur CNews a souhaité rapporter dans "L'heure des pros" le contenu des dernières auditions devant la commission d'enquête. Muriel Pleynet, patronne de franceinfo, était entendue mercredi par les députés, et sa ligne de défense a considérablement irrité l'animateur du camp adverse. "Une progression de l’audience de franceinfo en reach de 40% puisque aujourd’hui, selon les semaines, ce sont 6,7 millions à 7 millions de téléspectateurs qui regardent franceinfo, s’était enorgueillie la dirigeante, dont la mission donnée par Delphine Ernotte d'atteindre le cap symbolique a été "accomplie".
Cette auto-congratulation, rediffusée dans l'émission quotidienne de Pascal Praud, a révulsé son chef d'orchestre. "Mission accomplie ! Avec l’argent des Français, mission accomplie. Personne ne regarde la chaîne mais mission accomplie", a-t-il ironisé, vendredi, auprès de ses chroniqueurs. La tête de gondole de CNews a poursuivi son coup de gueule avec des mots durs à l'encontre de la chaîne d'actualité concurrente à la sienne. "Franceinfo ça coûte 40 millions d’euros, c’est votre argent. Ça ne marche pas, c’est un désastre. Il faudrait fermer franceinfo ! Je n’y peux rien, elle n’a pas trouvé son public. Dans un système privé, elle fermerait", a plaidé celui qui regrette encore le retrait de la fréquence de C8. "On a fermé C8 qui marchait, qui avait un public mais franceinfo qui ne marche pas, qui vit avec l’argent public, continue", se lamente-t-il.
Pour étayer son argumentaire, Pascal Praud a comparé les audiences de son rendez-vous matinal avec les scores de celui programmé au même moment sur le canal 16. "Mercredi, entre 10h et 10h30, nous avons fait 572.000 téléspectateurs. Sur franceinfo, il y avait 87.000 personnes. 6 fois et demi moins, avec l'argent des Français", a-t-il souligné. Et d'ajouter, fataliste : "On fait 4 fois plus que franceinfo tous les jours. Il se trouve que les gens ne la regardent pas, je n'y peux rien, et que c'est de l'argent public. On ferme, on n'a pas à payer une chaîne que personne ne regarde". Puremédias vous propose de découvrir cette protestation dans la vidéo en tête d'article.
Pour lui, l’audiovisuel public est un sujet "extrêmement important" car il s’agit de "l’argent des Français". "Ce n’est même pas le service public que je remets en cause mais la façon dont est utilisé cet argent. Je veux la neutralité (...) Le nerf de la guerre c’est l’argent, nous sommes d’accord. Ça coûte 4 milliards, et là, c’est silence radio", dénonce-t-il encore à l'antenne.
Le soutien de Sonia Mabrouk s'est enfin indigné que franceinfo ait donné la parole à Christophe Ventura, spécialiste de l'Amérique latine, dont le passé d’ancien membre du Parti de gauche n'a pas été mentionné dans l’émission "Vrai ou faux" de la chaîne publique. "Ça s’appelle un mensonge. Si nous, on fait ça, je peux vous dire qu’on sera sanctionnés", s'est offusqué l'abonné aux rappels à l'ordre de l'Arcom. Muriel Pleynet, lors de son témoignage à l'Assemblée nationale, avait promis de vérifier cette information rapportée par Charles Alloncle. "Nos règles sont très claires à France Télévisions. Tous nos intervenants en plateau, tous nos invités doivent être présentés dans leur intégralité. S’ils ont un engagement politique quel qu’il soit, ça doit être mentionné", avait assuré la successeure de Laurent Delpech.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2