Pour le moment, pas d'excuses publiques mais un démenti. Dans un article publié lundi 26 octobre au soir, "Le Monde" écrivait : "Lundi matin, une source proche de l’enquête avait affirmé au 'Monde' que des tracts du Rassemblement national avaient été retrouvés dans ce véhicule (la voiture du tireur des Yvelines, ndlr), une information démentie par le procureur : 'Je tiens à préciser qu’aucun tract d’un parti politique n’a été découvert dans son véhicule', a-t-il déclaré". Quelques lignes qui font référence à une information largement reprise depuis la veille, notamment par des responsables politiques.
"En diffusant une information infondée, mensongère et démentie ce soir par le procureur de la République, le journal 'Le Monde' s’est une fois encore prêté à une opération militante visant à salir le Rassemblement national. Cette manœuvre de désinformation manifeste interroge les Français sur la question essentielle de l’objectivité et de la rigueur professionnelle qu’on est en droit d’attendre des médias dans une campagne présidentielle", a tweeté Marine Le Pen dans la foulée de la conférence de presse du Parquet national antiterroriste. Invité ce matin chez Pascal Praud sur CNews, Louis Aliot, maire RN de Perpignan et vice-président du parti, indiquait "qu'une plainte allait être déposée". "Il faut regarder sur quels motifs", avait-il ajouté (voir la vidéo en tête d'article).
Quelques instants plus tard, un communiqué publié sur le site du Rassemblement national et signé Bruno Bilde, vice-président du RN en charge des affaires juridiques, le confirmait. "Le Rassemblement national poursuit en diffamation 'Le Monde', considérant que son enquête n'était pas sérieuse au sens de la jurisprudence. Toute la classe politique s’est déshonorée en relayant ce mensonge, uniquement à des fins électoralistes. Le Rassemblement national ne laissera passer aucune manœuvre visant à le salir, encore moins quand il s’agit de lui faire endosser la responsabilité d’actes abominables", peut-on lire.
Vendredi 23 octobre, à bord de sa voiture, Kévin T. a tiré sur huit sites différents dans les Yvelines et abattu un Français de 26 ans d'origine africaine, Pengo Bossio Wangi, et en a blessé plusieurs autres, dont au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, à Trappes et La Verrière, selon le procureur antiterroriste. Quatre personnes ont été grièvement blessées, "trois d'entre elles sont toujours hospitalisées" et le pronostic vital de l'une d'elles était toujours engagé lundi soir, a précisé Olivier Christen, le procureur national antiterroriste, lors de la conférence de presse qui s'est tenue hier soir. Le pronostic vital de l'enfant de 11 ans grièvement blessée n'est en revanche plus engagé. Kevin T., 39 ans, "ne conteste pas la matérialité des faits" mais "le caractère raciste de ses crimes", a indiqué le magistrat. Interrompue en raison de son état psychiatrique, sa garde à vue à pu reprendre lundi après-midi.
