L'union fait la force pour sept médias indépendants et locaux. Essentiellement marqués à gauche, ces canaux d'information s'associent pour enquêter ensemble et partout sur l'extrême droite, dont l'influence ne cesse de gagner du terrain depuis plusieurs années. Elles lancent ainsi ce mardi 15 septembre un portail commun en ligne, intitulé "On a déjà essayé", décryptant les actions du Rassemblement national et ses alliés, où seront publiées chaque mois d’ici la présidentielle leurs enquêtes dans des territoires d'implantation de ce courant politique. "Le Poulpe" en Normandie, "Made In Perpignan", "Mediacités" (à Lyon, Lille, Nantes et Toulouse), "Rue89 Bordeaux", "Rue89 Lyon", "Rue89 Strasbourg", ainsi que "Marsactu" dans les Bouches-du-Rhône ont souhaité se coordonner, "alors que l’extrême droite n’a jamais dirigé autant de municipalités que depuis mars dernier", peut-on lire dans le manifeste de ces médias.
"Nous enquêtons au plus près des territoires, là où les discours se confrontent aux actes. Avec le projet 'On a déjà essayé', nous donnerons à voir ce que l’exercice du pouvoir par le Rassemblement national et ses alliés révèle, ce qu’il transforme. Objectif : tirer les enseignements dans nos territoires dans la perspective des échéances nationales à venir", peut-on lire dans la rubrique "Qui sommes-nous ?" du site, déjà en ligne.
Plusieurs publications sont d'ailleurs déjà disponibles en accès libre, comme l'article qui tire le bilan des six premiers mois des mairies RN après les élections de mars dernier. On peut également s'informer sur le "verrouillage" du parti de Marine Le Pen à La Flèche dans la Sarthe, qui évoque notamment une "reprise en main de la culture", sur "le racisme décomplexé" à Carcassonne ou encore sur le recrutement d’une équipe "sur les bancs des églises les plus rigoristes" à Castres.
Ce projet, né du constat de la progression de l'extrême droite dans toute l'Hexagone, a été soutenu par le Fonds pour une presse libre, créé en 2019. Cet organisme à but non lucratif vise à sanctuariser le capital du média en ligne "Mediapart" mais aussi à soutenir financièrement des titres indépendants à l'abri des pressions économiques.