Les salariés du "Parisien" vont approuvé une grève ce vendredi 7 mars 2025© Abaca, Patricia Huchot-Boissier / Agence DyF, Collectif DyF / Alamy / Abaca
La colère gronde dans les rangs du "Parisien". Alors que le projet de réorganisation de la rédaction inquiète et que les rumeurs de vente du quotidien au groupe Bolloré n'ont toujours pas été officiellement démenties par la direction, les salariés ont décidé de réagir et ont entamé une grève ce jeudi 25 septembre. La rédaction du quotidien "Le Parisien/Aujourd'hui en France" a voté jeudi une grève jusqu'à vendredi 23h59 pour "exprimer (son) opposition" à un éventuel projet de vente du "Parisien" au groupe Bolloré et "exiger" 17 embauches en CDI, ont annoncé les syndicats à l'AFP.
L'assemblée générale des salariés du journal, réunie à l’appel des syndicats SGJ-FO, SNJ, SNJ-CGT, SNPEP-FO a voté à 72,5% pour la grève. Dans le détail, 258 salariés ont pris part au vote. Parmi eux, 187 se sont prononcés pour la grève, 64 contre et 7 d'entre eux se sont abstenus. "Les délégués syndicaux restent dans l'attente d'un rendez-vous avec la présidence du groupe Les Échos-Le Parisien, et la direction générale du 'Parisien'" pour obtenir des réponses, ont-ils écrit dans un communiqué.
Leurs revendications concernent précisément "les 17 embauches en CDI auxquelles la direction s'était engagée dans le cadre d'un accord signé avec trois syndicats, via un plan de titularisation des CDD et des pigistes qui se sont portés candidats" et ont voulu par cette grève "exprimer à nouveau leur opposition au projet de vente du 'Parisien' au groupe Bolloré" et "exiger des garanties sur le maintien d'un titre de presse d'information nationale et locale composé de journalistes indépendants".
Mardi 9 septembre, la Société des journalistes et les syndicats avaient pris leur plume pour s'adresser à leur propriétaire, Bernard Arnault, au sujet des rumeurs de vente au groupe Bolloré. Ils avaient publié la lettre ouverte sur leurs réseaux sociaux. "Nous vous écrivons aujourd'hui sous le coup d'une très vive émotion. Vous vous apprêteriez, lit-on dans la presse, à vendre 'Le Parisien' au groupe Bolloré. Ce serait une catastrophe", avaient-ils écrit. "Vendre cet héritage éditorial au groupe Bolloré reviendrait à livrer à une idéologie militante d'extrême droite un des grands quotidiens du pays, à appauvrir la pluralité de l'information en France", estimaient la SDJ et les représentants syndicaux SNJ, SNJ-CGT et SGLCE-CGT dans leur lettre.
"'Le Parisien' est un grand journal. Un quotidien historique, né en 1944 à la Libération de Paris" et est "devenu un acteur incontournable du paysage médiatique", soulignent les signataires. "Cette histoire vous oblige. Vous en êtes le garant depuis que LVMH a racheté le Parisien il y a dix ans", plaidaient-ils auprès de Bernard Arnault, lui rappelant ses mots prononcés en janvier 2022. Devant la commission d'enquête du Sénat sur la concentration des médias, l'actionnaire avait déclaré "œuvrer dans l'intérêt général et à la pérennité de titres irremplaçables". "Nous comptons sur vous pour honorer cette parole", poursuivaient-ils, avant de conclure : "Si vous envisagez cette vente, nous vous demandons d'y renoncer".

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