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"Ce serait une catastrophe" : Les journalistes et syndicats du "Parisien" demandent à Bernard Arnault de "renoncer" à la potentielle vente du journal au groupe Bolloré
Publié le 10 septembre 2025 à 14:20
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Dans une lettre ouverte à l'actuel propriétaire du quotidien, la société des journalistes du "Parisien" et les syndicats s'alarment d'une potentielle vente de leur journal au groupe de Vincent Bolloré.
Bernard Arnault Bernard Arnault

C'est une rumeur qui inquiète dans les rangs du "Parisien / Aujourd'hui en France". Lundi, "Challenges" publiait un article témoignant du climat instable régnant dans les couloirs du quotidien, notamment en raison de rumeurs de vente du journal actuellement détenu par Bernard Arnault au groupe Bolloré. Alors ce mardi 9 septembre, la Société des journalistes et les syndicats ont pris leur plume pour s'adresser à leur propriétaire via une lettre ouverte publiée sur leurs réseaux sociaux. 

"Vendre au groupe Bolloré reviendrait à livrer à une idéologie militante d'extrême droite un des grands quotidiens du pays"

"Nous vous écrivons aujourd'hui sous le coup d'une très vive émotion", commencent-ils. "Vous vous apprêteriez, lit-on dans la presse, à vendre 'Le Parisien' au groupe Bolloré. Ce serait une catastrophe", ajoutent les salariés du journal, qui a vu le départ de 46 journalistes via le plan d’économies ouvert en début d'année, au lieu des 29 envisagés au départ. Ces 17 départs supplémentaires n'ont pas été remplacés contrairement à ce qui avait été assuré par la direction, indiquent nos confrères de "Challenges". "Le Parisien" va connaître une réorganisation de ses effectifs à compter du 15 septembre. Cette annonce avait entraîné en mars une grève de 24 heures et une motion de défiance contre la direction.

"Vendre cet héritage éditorial au groupe Bolloré reviendrait à livrer à une idéologie militante d'extrême droite un des grands quotidiens du pays, à appauvrir la pluralité de l'information en France", estiment la SDJ et les représentants syndicaux SNJ, SNJ-CGT et SGLCE-CGT dans leur lettre. "'Le Parisien' est un grand journal. Un quotidien historique, né en 1944 à la Libération de Paris" et est "devenu un acteur incontournable du paysage médiatique", soulignent les signataires. "Cette histoire vous oblige. Vous en êtes le garant depuis que LVMH a racheté le Parisien il y a dix ans", plaident-ils auprès de Bernard Arnault, lui rappelant ses mots prononcés en janvier 2022.

Devant la commission d'enquête du Sénat sur la concentration des médias, l'actionnaire avait déclaré "œuvrer dans l'intérêt général et à la pérennité de titres irremplaçables". "Nous comptons sur vous pour honorer cette paroles", poursuivent-ils, avant de conclure : "Si vous envisagez cette vente, nous vous demandons d'y renoncer". 

Actuellement, Bernard Arnault, PDG du numéro un mondial du luxe LVMH, est donc actionnaire du "Parisien/Aujourd'hui en France" mais aussi du quotidien "Les Échos" et de Radio Classique. Il a aussi racheté cette année la totalité du quotidien libéral "L'Opinion" et du site d'actualité financière L'Agefi. Fin 2024, LVMH a racheté en outre "Paris Match" au groupe Lagardère, qui était dans le giron de Vincent Bolloré, lui-même propriétaire du groupe Canal+, mais aussi de Prisma Media ("Voici", "Capital", "Femme actuelle"...). Il contrôle également Lagardère (Europe 1, JDD...).

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Par Léa Stassinet | Journaliste
Venue du royaume d'"Intervilles" (Mont-de-Marsan), Léa Stassinet a été bercée par la "Nouvelle Star". Elle ne rate jamais les César ni l’Eurovision, synonymes de soirée pronostics entre amis. Passionnée de tennis et de politique, elle suit toutes les soirées électorales, sauf pendant Roland-Garros.
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