C'est le feuilleton qui accompagne la 79e édition du Festival de Cannes : les réactions à la tribune du collectif "Zapper Bolloré", parue dans "Libération" à la mi-mai, qui s'alarmait de la future mainmise du milliardaire Vincent Bolloré sur le réseau des salles de cinéma UGC. Signée par plus de 3.000 noms à ce jour, dont des acteurs de premier plan comme Juliette Binoche, Swann Arlaud ou Javier Bardem, la pétition a provoqué la colère du président du directoire de Canal+, Maxime Saada, qui avait dans la foulée averti qu'il ne travaillerait plus à l'avenir avec aucun des signataires de cette prise de position.
Si Gilles Lellouche a déploré hier un "gâchis" et Alain Chabat regretté le "coup de pression à deux balles" de Canal+, d'autres personnalités ont soutenu la réaction de Maxime Saada. À commencer par Cyril Hanouna, ancien animateur phare du groupe Canal+, désormais figure de proue du groupe M6. Dans son talk-show "Tout beau, tout n9uf", jeudi 21 mai sur W9, le présentateur est revenu en détails sur ce dossier, sur la réaction de son ancien patron et sur celles des comédiens sollicités depuis par les médias. "600 artistes ont signé une tribune contre Vincent Bolloré ! Certains ont rétropédalé après avoir appris que Canal+ finance leurs films. Bravo à Maxime Saada, DG de Canal, pour sa réaction", a écrit hier sur le réseau social "X" Cyril Hanouna en commentaire d'un extrait de son émission de W9. On l'entend y évoquer la prise de parole du président du directoire de Canal+. "Il a fait une mise au point qui a été saluée, sachez-le, par tous les professionnels. Maxime [...] qui a trouvé les mots justes, qui a su expliquer pourquoi Canal+ ne pouvait pas entendre de telles choses sur des films qu'ils ont produits ou sur de l'argent qu'ils ont mis sur tel ou tel projet, a expliqué Cyril Hanouna hier sur W9. Le maître mot à Canal+ et ce que disent l'actionnaire principal et Maxime Saada, c'est plus grande diversité de films, plus grande diversité culturelle et c'est pour cela que l'on voit énormément de films de Canal+ qui sont à très gros succès et des films plus confidentiels mais qui ont une importance pour eux et sur lesquels ils mettent de l'argent", a-t-il ajouté, précisant que Canal+ injectait "220 millions d'euros par an" dans le cinéma.
Un peu plus tard, Cyril Hanouna a tenu à revenir sur les propos tenus le mercredi 20 mai sur Patrick Cohen dans son édito sur France Inter. Le journaliste avait notamment expliqué que Canal+ ne faisait pas de cadeau au cinéma français en le finançant, mais remplissait en réalité une "obligation légale". "Canal ne subventionne pas les films et ne les produit pas vraiment non plus, il les achète pour les diffuser plus tôt que les autres chaînes auprès de clients qui ont payé un abonnement pour les voir. Les 150 millions versés l'an dernier sont donc des achats et pré-achats de programmes financés par les abonnés et non pas un cadeau de Bolloré", avait notamment soutenu le journaliste du service public. Une argumentation balayée hier soir par Cyril Hanouna. "Je vais dire à Patrick Cohen une petite chose. Et c'est là qu'on voit qu'il y a 'journalistes' et 'chefs d'entreprise' et que c'est deux métiers complètement différents. Il faut que Patrick Cohen comprenne quelque chose : c'est que si Vincent Bolloré veut, demain, il prend Canal+ et il le met au Luxembourg. Il a tout à fait le droit, Canal+ est une entreprise internationale. [...] Et donc toutes les obligations et même les impôts, terminé et ça lui rapportera exactement la même chose. Donc petite erreur de Patrick Cohen, si je peux me permettre. Je le lui dis, c'est une erreur de sa part de dire ça. Si Vincent Bolloré reste en France, c'est qu'il veut bien aider le cinéma français et remplir les obligations de Canal+", a-t-il notamment développé.

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