Une tache sur le tapis rouge de la Croisette. Une vive polémique a éclaté en plein Festival de Cannes entre des centaines d’artistes et le groupe Canal +, premier financier du cinéma français. Tout a commencé par une tribune publiée dans "Libération" dénonçant l'influence de Vincent Bolloré et de son groupe dans les médias et la culture. Parmi les premiers signataires de ce texte figuraient notamment Juliette Binoche, Swann Arlaud, Adèle Haenel ou encore Jean-Pascal Zadi.
Mais, selon le "Journal du Dimanche", le réalisateur de "Tout simplement noir" aurait finalement fait marche arrière et demandé le retrait immédiat de son nom dans cette pétition. La raison ? Le coup de sang de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, lequel avait menacé de couper les ponts avec tous ceux qui s'étaient ligués contre le milliardaire breton et son "projet civilisationnel réactionnaire d’extrême droite" à travers ses chaînes de télévision et ses maisons d’édition. "J'ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s'attachent à défendre l'indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix. Je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition", avait fulminé le dirigeant lors du "brunch des producteurs" dans la cité cannoise.
Si cette "réaction épidermique" a été critiquée par de nombreux comédiens, elle a en revanche conduit Jean-Pascal Zadi à changer de position. "Le JDD" affirme ainsi : "Il s'est subitement souvenu que le groupe Canal+ avait financé ses films à hauteur de 80 millions d'euros et a passé un coup de fil d’excuse. Le cinéaste et acteur se serait alors défendu en prétextant "avoir mal lu le texte". Le concerné n'a pas encore réagi à ces quelques lignes dans l'hebdomadaire dominical. Mais, le groupe Canal+ a toujours soutenu la carrière du natif de Bondy et a été l'un des partenaires majeurs de ses succès.
Sa comédie militante "Tout simplement noir", qui lui a valu le César du meilleur espoir masculin, avait bénéficié du soutien de structures liées au groupe audiovisuel. Tout comme sa série à succès "En place", diffusée sur Netflix, ou encore plus récemment "Le Grand Déplacement", lesquels arboraient au générique la mention "avec la participation de Canal+".
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Ce rétro-pédalage soudain relance les débats du malaise grandissant entre les artistes engagés et les grands groupes médiatiques pour financer des projets d'envergure. Le dossier a même pris une tournure judiciaire. La Ligue des droits de l'homme (LDH) et la CGT Spectacle ont en effet annoncé engager une action en justice à Nanterre contre Canal+, dénonçant une discrimination du patron du groupe envers les signataires de cette fronde, avec qui il a affirmé ne plus vouloir travailler. "Il est grand temps que les mondes de la culture et du savoir se coalisent et se révoltent contre l'œuvre réactionnaire du groupe Bolloré. L'action judiciaire est l'un des tremplins nécessaires à cette révolte", a commenté auprès de l'AFP l'avocat de la CGT Spectacle et de la LDH, Me Arié Alimi.

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