Nicolas Demorand (France Inter) : "Être leader le matin, c'est important pour Radio France"

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Nicolas Demorand (France Inter) : "Être leader le matin, c'est important pour Radio France"
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand © France Inter
Le matinalier commente ce jeudi les audiences de sa matinale auprès de puremedias.com.

Le roi des matinales. Selon la dernière vague d'audience septembre-octobre 2018, publiée ce jeudi par Médiamétrie, la matinale de France Inter incarnée par Nicolas Demorand et Léa Salamé domine largement la case du 7h/9h. En quart d'heure moyen, l'émission attire 1.878.000 auditeurs chaque jour, soit une hausse de 125.000 personnes sur un an et de 66.000 paires d'oreilles sur une vague. Avec un pic à 2.125.000 auditeurs lors du journal de 8h, Florence Paracuellos devient la personne la plus écoutée de France. puremedias.com s'est entretenu avec Nicolas Demorand pour commenter les bons résultats de sa station.

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Propos recueillis par Florian Guadalupe.

puremedias.com : Cette bonne rentrée de la matinale de France Inter, un moment de grâce ?
Nicolas Demorand
: Moment de grâce, le mot est bien choisi ! (rires) Blague à part, oui, c'est une très belle rentrée pour France Inter. C'est une très belle rentrée pour le service public. Les chiffres que vous avez publiés montrent qu'on est à 161.000 auditeurs de différence entre RTL et France Inter sur la totalité de la journée. Il y a près de 500.000 auditeurs d'écart pour France Inter le matin avec RTL. Nous sommes leaders sur tous les quarts d'heure et sur tous les critères. Donc, oui, c'est une très belle rentrée. C'est un travail collectif des équipes, de la rédaction, de la matinale, de tous ceux qui passent à l'antenne. C'est le résultat d'un travail acharné tous les jours. On est très heureux.

Ils ont dit
"En pensant toujours aux auditeurs, on essaye d'ouvrir au maximum le spectre des invités"
Nicolas Demorand

Comment analysez-vous cette hausse de la matinale sur un an ?
La matinale a changé. Elle a été profondément renouvelée entre l'année dernière et cette année. Notamment dans son format. Catherine Nayl (directrice de l'information de France Inter, ndlr) a initié un changement très important entre 8h20 et 9h, ce qu'on appelle "Le grand entretien". Il se fait à deux voix avec Léa Salamé. La dernière demi-heure de la matinale a été profondément réformée. Il y a des voix nouvelles qui sont arrivées à 8h, à 8h20 pour "Géopolitique". Donc, il y a eu quand même des changements très importants. Dans le milieu de la radio, on dit toujours que c'est un média très conservateur et qu'il ne faut jamais rien toucher. On continue de faire évoluer une formule qui était déjà très haute et leader. On a continué à la transformer. Catherine Nayl a pris la décision de faire évoluer les 45 dernières minutes de la matinale. Les chiffres, quart d'heure par quart d'heure, montrent qu'il fallait le faire et que les auditeurs sont au rendez-vous.

Comment expliquez-vous cette domination sur les autres matinales ?
Je pense que c'est une matinale extrêmement variée dans ce qu'elle propose. C'est une matinale qui a de l'actualité une définition extrêmement large. Elle passe par la science, la musique, l'international... Il y a un principe de variété très fort. Ensuite, il y a un principe de variété dans le choix des invités. On couvre un espace qui est très large. Les intellectuels, les artistes, les écrivains, les acteurs sociaux viennent tous au micro de France Inter. On n'a pas la religion à 150% de la politique. Pour le dire encore plus précisément, on considère qu'il y a énormément de voix, de prises de position, qui doivent s'exprimer le matin. C'est important quand un écrivain sort un grand livre qu'il puisse venir s'exprimer le matin. Quand un militant de la société civile fait quelque chose, il faut qu'il puisse aussi venir s'exprimer le matin à côté des politiques. Il n'y a pas une seule parole légitime. On essaye d'ouvrir au maximum, en pensant toujours aux auditeurs, le spectre des invités.

La rentrée a-t-elle été boostée par l'annonce de la démission de Nicolas Hulot à votre antenne ?
Evidemment, ça a été un moment où France Inter s'est retrouvée au centre du débat public et politique. Peut-être qu'il y a eu un effet de curiosité, peut-être que les auditeurs nouveaux, s'il y en a eu, sont restés à l'écoute après ce moment de curiosité. Ca a été un moment très fort pour nous, la matinale. Après, je ne suis pas capable de répondre techniquement à cette question.

Ils ont dit
"Tous les matins, on démarre ce 'Grand entretien' avec une complicité qui est assez rare dans ce milieu, où le narcissisme et l'égotisme ont normalement la main"
Nicolas Demorand

La place des auditeurs dans "Le grand entretien" a évolué par rapport à l'année dernière, est-ce que ça a aussi fait la différence ?
"Le grand entretien", c'est une réforme mise en place par Catherine Nayl, qui consistait à ramasser un entretien qui jusque-là allait de 8h20 à 9h, qui passait par la revue de presse et les auditeurs. Il n'était pas dense et compact. La refonte du format a permis de densifier les choses. Le deuxième point, c'est l'entente absolue et amicale qu'on a Léa et moi. Tous les matins, on démarre ce "Grand entretien" avec un plaisir, un intérêt et une complicité qui sont absolus et assez rares dans ce milieu, où le narcissisme et l'égotisme ont normalement la main. C'est un vrai moment de partage entre nous deux, c'est un vrai plaisir de tous les jours. Concernant les auditeurs, on essaye via les tweets, l'application de France Inter, les mails et les appels au standard, de prendre le maximum de personne à l'antenne. Les formes de l'interactivité ont changé. Le téléphone est devenu un moyen parmi d'autres pour un auditeur de poser des questions aux invités. Par rapport à l'époque de 2006-2009, où je faisais la matinale, tout passait par le téléphone. Aujourd'hui, ça passe beaucoup plus par internet et les réseaux sociaux. Même si c'est moi qui lis les tweets et les mails, la place des auditeurs reste ce qu'elle a toujours été le matin.

Cette rentrée a été marquée par le départ de Marc Fauvelle de la présentation du journal de 8h. Sa remplaçante Florence Paracuellos est ainsi devenue la personne la plus écoutée de France. Est-ce plus le plébiscite d'un journal que celui d'un journaliste ?
Le 8h d'Inter est un moment extrêmement fort. C'est un pic d'audience pour France Inter et pour la radio en général. On est leader depuis des années à cette heure-là. Ensuite, il y a des personnalités différentes. Il y a des voix différentes. Il y a des façons d'aborder l'actualité qui sont différentes. Encore une fois, ça fait dix ans que je fais des matinales. Chaque présentateur du 8h que j'ai pu connaître et que j'ai pu lancer, vient avec sa personnalité, vient avec ce qu'il est, vient avec son coeur et vient avec ce qu'il aime. La couleur change très profondément. Pour chacun et chacune qui se confronte à l'exercice, la problématique est de garder le journal à la même hauteur. On peut dire que France Inter est leader à 8h. Mais une fois qu'on a dit ça, il faut habiter la fonction, habiter le journal et le faire à sa main. Ca, c'est un sacré défi pour celui qui porte ça sur ses épaules. En l'occurrence, pour celle qui le porte sur ses épaules.

Ils ont dit
"On fait de la radio pour être écouté, on ne fait pas de la radio pour soi-même"
Nicolas Demorand

Est-ce une nécessité pour le service public d'être leader des matinales ?
C'est une rentrée très forte pour le service public. Je m'appuie sur les chiffres de Médiamétrie. L'écart aujourd'hui entre France Inter et RTL est de 161.000 auditeurs. L'écart n'a jamais été aussi étroit. Au sujet de la matinale, entre celle de France Inter et celle de RTL, l'écart est de 219.000 auditeurs. France Inter est très nettement leader le matin. Ces chiffres sont quand même très importants. On fait de la radio pour être écouté, on ne fait pas de la radio pour soi-même. On fait de la radio en respectant les valeurs de la station. Ici, en l'occurrence, ce sont les valeurs du service public. Être leader le matin, et avec une telle ampleur aujourd'hui, c'est important pour la maison dans laquelle on travaille, France Inter, et plus largement Radio France. On est à un moment où tout le monde s'interroge sur le service public, sur la manière de le réformer ou pas. Les chaînes du service public, radio comme télé, sont très puissantes et parviennent à convaincre le public d'être là. Donc, oui, c'est très important. On se bat pour que les auditeurs soient là.

Il y a une tendance forte pour France Inter. La station signe sa meilleure rentrée historique alors que le média radio accuse d'une perte de près de 320.000 auditeurs sur un an.
France Inter est une radio d'offre, qui essaye, qui tente et qui bouge. C'est vrai quand on écoute sur la FM, mais c'est vrai aussi sur les podcasts, sur les livres et sur les conférences qu'on organise. On essaye toujours de se demander comment rencontrer notre public. Que ce soit par petites touches ou par réformes plus palpables, on essaye toujours de faire les réglages fins et les réinventions qui permettent de garder le contact avec le public. Là encore, le vieil adage de la radio est : "Surtout, ne touchons à rien. Surtout, ne bougeons rien. L'audience, on la descend en ascenseur, on la remonte par les escaliers. La radio est un média conservateur". Tout ça est peut-être vrai partiellement, mais en même temps, ce que je vois à France Inter, c'est le fait qu'on remette sans cesse l'ouvrage sur le métier. C'est l'un des ingrédients de l'équation.

France Inter pourra dépasser RTL cette saison ?
On se bat tous les matins et tous les jours. On veut faire une meilleure radio possible. Advienne que pourra.

Nicolas Demorand
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