Deux Nuls, deux visions. L'industrie du septième art se divise depuis la publication d'une tribune anti-Bolloré dénonçant, en plein Festival de Cannes, l'emprise du milliardaire breton sur le cinéma français. L'annonce du patron de Canal+, Maxime Saada, de ne plus collaborer avec les signataires de cette pétition a fait naître deux clans. Ceux renforcés dans leurs craintes exprimées dans cette pétition et les autres, qui continuent de défendre le premier financeur de ce secteur d'activité. "J’apporte tout mon soutien à Maxime Saada et aux équipes cinéma de Canal. J’ai longtemps travaillé avec eux et je sais ce que le cinéma français leur doit", s'est, par exemple, fendu Dominique Farrugia sur le réseau social X. Une position aux antipodes de celle de son camarade de longue date, Alain Chabat, qui, lui, déplorait le "coup de pression à deux balles" du dirigeant de la chaîne cryptée.
Mais cet avis divergent n'a pas réévalué l'appréciation de Dominique Farrugia, lequel "maintient son soutien à Maxime Saada et aux équipes de Canal+" dans cette controverse. "Je trouve ça terrible de leur faire un procès en 'crypto-fascisme' alors que je connais vraiment Studio Canal et les équipes qui achètent les films. C'est leur faire beaucoup de mal", a assuré le président de Shine Fiction (Banijay) sur France Inter, mardi. Inquiet et alerte quant au contexte actuel, il estime que l'homme incriminé ne mérite pas une telle opprobre : "Je trouve ça dur pour Maxime Saada qui est un mec que j'aime beaucoup, pour qui j'ai une profonde amitié, de se faire maltraiter alors qu'il essaie d'aider".
Matthieu Noël l'a alors relancé sur ses dissensions avec Alain Chabat, dont l'association a marqué le début des années Canal+. "Alain a une vision politique qui lui appartient", a d'abord glissé le producteur. Avant de nuancer en reprenant la formule de son complice : "Mais il n'a pas tort. C'est un coup de pression à deux balles, mais en même temps, c'est un coup de pression érythémateux. C'est 'vous me faites chier parce que j'essaie vraiment d'aider plein de films'". Dominique Farrugia a alors évoqué le peu de projets abandonnés en cours de route par le groupe partenaire du cinéma sur tous ceux qu'il a essayé de soutenir financièrement.
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Cette avalanche de réactions relance les débats du malaise grandissant entre les artistes engagés et les grands groupes médiatiques pour financer des projets d'envergure. Le dossier a même pris une tournure judiciaire. La Ligue des droits de l'homme (LDH) et la CGT Spectacle ont en effet annoncé engager une action en justice à Nanterre contre Canal+, dénonçant une discrimination du patron du groupe envers les signataires de cette fronde, avec qui il a affirmé ne plus vouloir travailler. "Il est grand temps que les mondes de la culture et du savoir se coalisent et se révoltent contre l'œuvre réactionnaire du groupe Bolloré. L'action judiciaire est l'un des tremplins nécessaires à cette révolte", a commenté auprès de l'AFP l'avocat de la CGT Spectacle et de la LDH, Me Arié Alimi.

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