Drôle d'imbroglio pour Sonia Mabrouk. Lâchée par la direction de CNews après avoir pris ses distances avec le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne, la journaliste de 48 ans avait choisi de démissionner. "Hier, aujourd'hui, comme demain, ma boussole restera la préservation de l'intérêt des victimes", s'était justifiée l'un des visages phares de la chaine d'info dans un communiqué transmis à la presse. Elle avait dans un premier temps indiqué qu'elle resterait sur la chaîne le temps de son préavis. Or, ce dimanche en début de soirée, l'animatrice de "Midi News" expliquait que ce délai ne serait pas respecté, compte tenu du contexte ambiant. "Suite à ma démission de mon poste à CNews (et) au vu des récents événements, j’ai été informée par la direction que je suis 'dispensée' du préavis d’un mois sur cette même antenne", écrit-elle sur le réseau social X, donnant rendez-vous dans le même temps aux auditeurs d'Europe 1.
Ce lundi 9 février, la figure de la station depuis 2013 a en effet assuré sa "Grande Interview" à 8h13 avec le député européen François-Xavier Bellamy. "Tellement ravie de vous retrouver", a-t-elle commencé lors du passage de relais avec Dimitri Pavlenko. Comble du sort, cette séquence était co-diffusée sur... CNews en raison du partenariat entre les deux médias sous le giron de Vincent Bolloré. La chaîne d'actualité en continu appartient au groupe Canal, la station à Lagardère, dont le premier actionnaire est Vivendi, tous les deux contrôlés par le milliardaire breton. Se pose donc la question du départ de Sonia Mabrouk de la radio bleue. Va-t-elle également abandonner le micro ou bien respecte-t-elle le fameux préavis d’un mois dont elle fait mention dans son post sur X et que les dirigeants d'Europe 1 lui auraient accordé ?
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Depuis le mercredi 4 février, la présentatrice était absente de l'antenne et a été remplacée pour son émission quotidienne "Midi News". En cause ? Une altercation musclée avec le directeur général de CNews Serge Nedjar avant sa prise d'antenne. Les tensions avec sa hiérarchie ont commencé le mardi 20 janvier, lorsque la journaliste a été interpellée en direct par son invité du matin, le député PS Jérôme Guedj. "Je n'avais pas prévu de le faire, et pardon d'inverser les rôles, mais comment vivez-vous aujourd'hui le fait que Jean-Marc Morandini soit maintenu sur l'antenne de votre groupe ?", avait demandé l'élu. "Votre question est parfaitement légitime, et je ne vais pas me défausser mais la décision de maintenir Jean-Marc Morandini est une décision qui ne m'appartient pas. C'est la décision de CNews qui a assumé cette décision par fidélité, semble-t-il à son égard", a rappelé Sonia Mabrouk. "J'ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais en aucun cas, ça ne vaut de cautionner cela, et en aucun cas c'est une complaisance morale", a poursuivi celle qui a ensuite été timidement soutenue par Pascal Praud, Laurence Ferrari et d'autres figures de CNews.
Vincent Bolloré doit être convoqué fin février par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public et sera interrogé sur le cas de Jean-Marc Morandini et les remous en interne engendrés par sa décision.

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