Sonia Mabrouk déstabilisée dans sa grande interview matinale, diffusée sur Europe 1 et CNews.. Ce mardi 20 janvier, la matinalière recevait Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne, pour un grand tour de l'actualité politique. Mais l'échange a pris une tournure inattendue lorsqu'a été abordé le sujet de la commission d'enquête sur le service public et la reprise des auditions. L'élu a déploré le "spectacle permanent" proposé à l'Assemblée nationale et la "brutalité des clivages" entre France Télévisions et les médias sous le giron de Vincent Bolloré. "Ce qui est important, c'est la liberté dans les débats", a opposé la présentatrice, qui appartient au groupe de la seconde catégorie. Jérôme Guedj a alors rebondi sur cette phrase pour aborder le cas de Jean-Marc Morandini, conservé sur la chaîne d'info en continu CNews malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs.
"Je n'avais pas prévu de le faire, et pardon d'inverser les rôles, mais comment vivez-vous aujourd'hui le fait que Jean-Marc Morandini soit maintenu sur l'antenne de votre groupe ?", s'est presque excusé de demander le député socialiste. Il a ensuite rappelé l'existence d'un communiqué, daté de 2016 et au contenu contradictoire à cette décision : "Au nom de l'exemplarité nécessaire, les dirigeants de ce groupe dans le passé avaient dit qu'au jour de la condamnation définitive serait prononcée, et cela a été le cas pour un motif important en terme de valeurs, il devrait quitter le groupe". Son interrogation a laissé pantoise son interlocutrice, laquelle a répété plusieurs fois un "j'entends" timide face à cet argumentaire avant de vouloir donner son avis.
"Je serais heureux de connaître la position d'une femme libre comme vous face à quelque chose qui en terme de valeurs doit forcément interroger", a insisté Jérôme Guedj. Sonia Mabrouk s'est donc muée en invitée de sa propre émission. "Votre question est parfaitement légitime, et je ne vais pas me défausser mais la décision de maintenir Jean-Marc Morandini est une décision qui ne m'appartient pas. C'est la décision de CNews qui a assumé cette décision par fidélité, semble-t-il à son égard", a rappelé Sonia Mabrouk, laquelle a récemment choisi de rester sur Europe 1 et CNews malgré une offre alléchante de BFMTV. "J'ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais en aucun cas, ça ne vaut de cautionner cela, et en aucun cas c'est une complaisance morale", a poursuivi celle qui ne souhaite pas se substituer à la justice.
La journaliste a alors rappelé que son collègue n'avait pas été condamné à ne plus exercer sa profession. Puis, elle a fendu la carapace, laissant parler ses émotions : "CNews, c'est ma chaîne de cœur. Je suis une femme libre, une citoyenne, une mère de famille, et je suis personnellement engagée dans la lutte contre les violences sexuelles. Et je pense ce matin, comme vous, aux victimes et aux mineurs, mais on ne peut pas nous faire ce procès, me faire ce procès. Les seules valeurs, quelles que soit nos différences et nos convictions politiques, sont le respect de chacun, de la dignité de chaque personne, et de la sanctuarisation de l'intégrité physique et morale de chacun. Ça, ce n'est pas négociable, c'est pas à géométrie variable et c'est ma seule boussole personnelle et professionnelle. J'ai la liberté de le dire comme une femme libre, mais aussi parce que CNews, c'est la chaîne de la liberté d'expression." Puremédias vous propose de découvrir cette séquence dans la vidéo en tête d'article.
Définitivement condamné pour corruption de mineurs sur trois adolescents entre 2009 et 2016 après la décision de la Cour de cassation de refuser son pourvoi, Jean-Marc Morandini a repris son émission de fin de matinée devant les caméras du canal 14 de la TNT. Le directeur général Gérald-Brice Viret a justifié cette décision en soulignant qu’il n’est "pas au même étage" que les jeunes stagiaires. "Il n’est en contact avec aucun mineur à CNews", et ce "depuis très longtemps", a-t-il souligné devant l’Association des journalistes médias. "Jean-Marc Morandini est à l’antenne et il le restera", a martelé le dirigeant de Canal+. Quelques heures plus tôt, la chaîne avait indiqué que l'un de ses animateurs vedette "continue son combat pour la justice" et "reste à l’antenne".

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