Patrick Cohen et Léa Salamé (P1) : "J'avais très peur qu'on n'accroche pas"

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Patrick Cohen et Léa Salamé (P1) : "J'avais très peur qu'on n'accroche pas"
Par La rédaction Rédaction
Patrick Cohen et Léa Salamé (France Inter).
Patrick Cohen et Léa Salamé (France Inter). © Radio France
Toute la journée, Patrick Cohen et Léa Salamé sont les invités exceptionnels de puremedias.com.

Ce sont les deux intervieweurs les plus écoutés de France chaque matin à la radio. Toute la journée, Patrick Cohen et Léa Salamé de France Inter sont les invités spéciaux de puremedias.com. Dans cette première partie, ils parlent du succès de la matinale que la journaliste a rejoint en septembre dernier, lors de la relance de la station.

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> P2 : La grève, Mathieu Gallet, l'édito de 7.43...

Propos recueillis par Julien Bellver et Benoît Daragon.

puremedias.com : Vous êtes les deux intervieweurs les plus écoutés de France, vos visages sont sur tous les bus de Paris.Vous êtes les nouvelles têtes de gondole d'Inter ?
Léa Salamé : Patrick l'est bien plus que moi ! C'est la star de l'antenne depuis cinq ans.
Patrick Cohen : Mais non ! Je répète à longueur d'interview que présenter une matinale est un travail d'équipe. Je le pense sincèrement. Si j'étais tout seul face à mon micro, personne n'écouterait ! (rires) Ce n'est pas moi qui attire les foules, mais la qualité des journaux, des reportages, du travail de la rédaction comme celui des chroniqueurs.
Une grande partie du plaisir des auditeurs, et aussi du mien, c'est de retrouver une bande qui se complète. Des personnalités qui s'entendent bien, qui ont des styles et des humeurs différentes. C'est ça, le plaisir du rendez-vous radio le matin. Ce n'est pas une somme de rendez-vous individuels, mais un ensemble.

France Inter starifie plus ses voix que les saisons précédentes, c'est la concurrence qui veut ça ?
PC : Non, ce n'est pas vrai. Il y a eu une parenthèse pendant laquelle les visages n'étaient pas affichés mais on a toujours communiqué sur les grands noms de l'antenne. Dans le passé, on a pas mal vu les binettes de Nicolas Demorand et de Stéphane Paoli !
LS : Mais il y a une femme sur l'affiche, ça se démarque peut-être davantage !
PC : Ca, c'est vrai ! L'une des obsessions de Laurence Bloch (la directrice de France Inter, ndlr), c'est de renforcer la présence de femmes à l'antenne, notamment dans la matinale. Et elle a raison.

"Jusqu'à présent, les femmes n'étaient pas assez présentes à l'antenne"

C'est payant ?
PC : Oui ! Une radio qui veut d'adresser à tout le monde doit ressembler à la société française. Jusqu'à présent, les femmes n'étaient pas assez présentes à l'antenne. Et ça doit encore s'améliorer.
LS : Il faut quand même insister sur un truc, Patrick. Et je vais le dire avec mes mots. Si la matinale a gagné 200.000 auditeurs cette année, c'est vraiment dû à ce côté "bande". Ils ont réussi à réunir des personnalités très différentes et à nous unir. Il y a de l'interaction et de la complicité entre nous.
PC : On l'entend particulièrement entre 7h45 et 8h00.
LS : C'est une matinale d'info, exigeante, et qui revendique son côté sérieux, mais on a envie qu'il y ait des moments de bonne humeur. Sous la houlette de l'excellent Patrick Cohen (rires), la mayonnaise prend entre Thomas Legrand, Charline Vanhoenacker, Dominique Seux, Rebecca Manzoni et Philippe Lefébure. Et il m'arrive souvent d'appeler l'un ou l'autre pour préparer mes interviews. On s'entend tous très bien. Avec Patrick aussi. On a tous les deux des personnalités très fortes. J'avais donc très peur qu'on n'accroche pas... et en fait ça va, on s'entend bien (rires) !
PC : J'ai connu des équipes où les anchormans ne parlaient pas à certains chroniqueurs...
LS : Même à toi, c'est arrivé, Patrick ! On me l'a dit ! (elle rit)
PC : Euh non franchement... Je ne vois pas du tout à qui tu penses ! Ca peut arriver, mais pas à moi.

"L'interview premium, c'est celle de Patrick"

Comment choisit-on un invité de 7h50 pour Léa et un invité de 8h20 pour Patrick Cohen ?
PC : Ce ne sont pas du tout les même formats. L'une dure 10 minutes et l'autre 25 minutes en comptant le dialogue avec les auditeurs.
LS : Indéniablement l'interview premium, c'est celle de Patrick !
PC : Elles sont gérées de façon très différente. Mes invités sont calés bien plus en amont. Alors que le 7h50 est plus chaud, avec des personnalités fixées au jour le jour.

Qui a le dernier mot si vous avez la même idée d'invité ?
LS : En huit mois, ca n'est jamais arrivé ! Il y a une vraie complémentarité entre les deux interviews. Surtout qu'on s'autorise à recevoir des chefs d'entreprises, des intellectuels, des artistes...
PC : La quasi-totalité des invités de Léa, on se dit qu'ils vont être bons en 10 minutes mais qu'on n'a pas forcément de quoi les interroger pendant 25 minutes...

"Il y a une lassitude non pas de la politique mais des politiques"

Europe 1 dit inviter moins de politiques car ils n'ont plus grand chose à dire et se perdent dans la langue de bois. Vous partagez cet avis ?
PC : On a été les premiers à engager ce mouvement ! Dès la rentrée 2012, à mesure que les cotes de popularité de l'exécutif s'effondraient, on a senti une lassitude non pas de la politique mais des politiques. Au départ, on ne voulait pas plus de trois politiques par semaine, puis nos règles sont devenues moins formelles même si le vendredi on essaye de faire systématiquement de la culture. On a donc choisi de multiplier les invitations à des intellectuels et des artistes qui sont finalement plus pertinents pour parler de sujets politiques.
LS : Je pense que ce défi touche toutes les radios. Les chaînes d'info continue ont créé un effet de saturation de la parole politique. Désormais, un politique donne envie de zapper. Le grand défi des mois à venir pour l'ensemble des médias, c'est de réinventer les émissions de politique hors période électorale qui ont été tuées par les chaîne d'info. Il faut repenser la façon de parler des grands sujets de société, d'économie, qui sont passionnants.
PC : C'est aussi de la faute des politiques qui acceptent de squatter les plateaux du matin au soir...

C'est une erreur de vos concurrents d'avoir encore des cases d'interviews quasi-exclusivement politiques comme celles de Jean-Michel Aphatie ou Jean-Pierre Elkabbach ?
LS : Elkabbach, la politique est dans son ADN. Ca ne veut pas dire qu'il faut arrêter de faire de la politique. Mais il faut repenser la façon d'en parler.
PC : Il n'est évidemment pas question de ne plus parler de politique dans une matinale de généraliste, mais de le faire autrement.

Nicolas Sarkozy, qui avait expliqué en 2012 préférer aller chez le dentiste que se rendre sur France Inter, n'est toujours pas venu chez vous depuis qu'il est redevenu président de l'UMP. Il a refusé ?
PC : (Rires) Je pense qu'il reviendra. Honnêtement, pour avoir ce genre de personnalités de premier plan, il faut un long processus de discussion qui a été interrompu à cause de la grève. A partir du moment où l'antenne était incertaine, on ne pouvait pas lancer le président de l'UMP avec le risque de l'annuler au dernier moment. La gestion des invités était pénible.

Vous espérez l'avoir avant la fin de la saison ?
PC : Euh.. oui !
LS : La première matinale de France ne désespère pas de recevoir Nicolas Sarkozy ! (rires)
PC : Je ne veux pas qu'il y ait de méprise : on n'a pas pu ces dernières semaines lancer convenablement des discussions pour le recevoir. Et après, il faut obéir à son calendrier de communication qui a lui aussi ses impératifs et sa stratégie...

Quels invités vous sont passés récemment sous le nez ? Léa, vous auriez aimé que Léonard Trierweiler vienne à votre micro comme il vient de le faire avec Mouloud Achour ?
LS : Je n'y ai pas pensé une seconde...
PC : J'ai vu des extraits de l'interview de 'Clique' c'était amusant... Mais ce n'est pas un invité pour nous. Il aurait fallu enregistrer l'entretien et couper ces grands silences qui faisaient le sel de l'interview. C'est un ovni.
LS : Mouloud l'a très bien fait mais c'est à la limite de ce que nous on peut faire.

"On fait le pari de l'intelligence des auditeurs sur tous les sujets"

Lundi, Emmanuel Todd était l'invité d'Inter, il a trouvé "l'ambiance pas très tolérante". Il a parlé de "système unanimiste". Ce qui était un peu le cas, à part peut-être une auditrice. Le traitement était suffisamment équilibré ?
PC : L'auditrice était très minoritaire mais j'ai tenu à la faire passer pour montrer qu'il n'y avait pas d'unanimité mais une écrasante majorité se sentait outragée par les propos d'Emmanuel Todd. Je suis surpris qu'il ait été surpris. Quand on traite avec autant de violence - ce qui est le cas dans son livre – les 4 millions de personnes qui ont manifesté le 11 janvier, en les qualifiant d'égoïstes, xénophobes, anti-égalitaires, pétainistes, il faut s'attendre à reprendre un peu de violence en retour. Toutes les questions que j'ai posées étaient tirées des phrases de son livre... Il a un peu surjoué l'indignation alors que les réactions étaient le miroir de ce qu'il avait écrit. Je l'ai invité car j'ai estimé que ce qu'il disait était contestable mais éminemment respectable et parce qu'il représente quelque chose dans le paysage intellectuel. "Libération" a eu la même approche d'ailleurs.

Faut-il flatter à Inter plus qu'ailleurs la pensée dominante de l'auditeur ?
PC : Non. Si tant est qu'il y ait une pensée dominante ce dont je ne suis pas sûr... Vous seriez surpris par les réactions des auditeurs qui vont souvent à rebours de ce que l'on pourrait espérer. Globalement, le pari qu'on fait, c'est celui de l'intelligence des auditeurs sur tous les sujets.

> Suite de notre journée spéciale Cohen/Salamé à midi !

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